4 récits pour rêver de grands espaces

Certains livres n’ont pas besoin d’intrigue. Juste de l’espace, du vent, de la nature qui respire autour de vous. En voici quatre qui m’ont emmenée très loin, sans bouger de mon canapé.

Carnets de steppes • Sylvain Tesson et Priscilla Telmon
Sylvain Tesson et Priscilla Telmon ont traversé l’Asie centrale à cheval, du Kirghizstan à la mer d’Aral. Six mois d’expédition à travers des paysages qui semblent n’avoir pas de bout.
Ce qui rend ce livre unique, c’est la combinaison du texte de Sylvain Tesson et des photographies de Priscilla Telmon, d’une beauté à couper le souffle. Les deux ensemble donnent une impression d’immensité que peu de récits de voyage réussissent à transmettre. On referme ce livre avec une envie irrépressible de vent et d’horizon.
Editions Pocket

La steppe • Anton Tchekhov
C’est une nouvelle parue en 1888, et c’est peut-être l’une des plus belles descriptions de l’immensité qui existe en littérature. Iégor a neuf ans. Sa mère l’envoie au lycée de la ville voisine, et le voilà embarqué dans une carriole qui traverse la grande plaine russe. Il n’y a pas vraiment d’intrigue. Il y a la steppe, vivante, presque chamanique, qui observe les voyageurs comme un être à part entière.
Je me souviens d’une impression très particulière à la lecture, celle de sentir physiquement l’immensité s’étirer autour de moi. Tchekhov prête des sentiments à la steppe comme à un personnage. Elle devient la métaphore de tout ce qui dépasse l’homme et le fascine.
Editions Le Livre de Poche

La maison des hautes falaises • Karen Viggers
Après une épreuve difficile, Lex Henderson quitte Sydney pour s’installer dans un village isolé sur la côte australienne. Du haut des falaises, il regarde les baleines passer. Plus tard, il rencontre Callista, une artiste au passé lui aussi douloureux.
Ce roman, c’est la nature sauvage australienne comme espace de guérison. Karen Viggers écrit avec une plume poétique et touchante, et ses descriptions de la côte m’ont transportée pendant plusieurs jours dans cet état curieux mêlé de tristesse et d’apaisement que m’inspirent les baleines. Un livre qu’on lit lentement, pour en faire durer le plaisir.
Editions Le Livre de Poche

Le lièvre de Vatanen • Arto Paasilinna
Vatanen est journaliste à Helsinki, mais sa vie l’ennuie. Un soir, son ami heurte un lièvre sur la route. Vatanen sort de la voiture, ramasse l’animal blessé, et décide de ne pas revenir. Il remonte la Finlande à pied, jusqu’en Laponie, au gré des rencontres et des petits boulots, avec son lièvre comme seul compagnon.
C’est drôle, dépaysant, satirique, et d’une liberté absolue. Une fois ce roman refermé, il ne reste qu’une envie : partir à l’aventure sur ses traces.
Editions Folio

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